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Comprendre les savons et les tensioactifs : pourquoi et comment les utiliser

Laetitia D. · 1 octobre 2026
Comprendre les savons et les tensioactifs : pourquoi et comment les utiliser

Les savons et les tensioactifs

Qu'ils soient noirs, de Marseille ou d'Alep, les savons sont les principaux ingrédients de nos préparations. Ce sont des tensioactifs, appelés aussi agents de surface ou surfactants dans les recettes industrielles : ils nettoient, dégraissent et détachent.

Leur propriété est d'éliminer la saleté des surfaces et de la maintenir en suspension dans l'eau. On comprend pourquoi ils constituent l'élément principal des formulations.

Comment ça marche ?

Ils sont constitués d'une partie lipophile (lipo, le gras ; phile, aimer) : ils aiment le gras, autrement dit ils l'attirent. Et d'une partie hydrophile (hydro, l'eau) : ils sont solubles dans l'eau. Ainsi, ils attirent le gras pour l'emporter dans l'eau. L'action de frotter, l'huile de coude ou la machine, fait le reste.

Attention, ça devient un peu technique : la partie hydrophile peut porter une charge électrique différente. On distingue ainsi quatre familles :

  • Les tensioactifs anioniques (charge négative) sont les plus utilisés, car ils moussent et se rincent bien. Mais ils peuvent être irritants. Les savons en font partie.

  • Les tensioactifs cationiques (charge positive) ont un pouvoir détergent plus faible, mais ils sont antimicrobiens. On les trouve beaucoup dans les adoucissants textiles, ou comme conservateurs. Ils sont toutefois irritants et toxiques pour l'environnement.

  • Les tensioactifs amphotères (à la fois positifs et négatifs) combinent les qualités des deux précédents : bons détergents, moussants, et bien tolérés par la peau et les yeux.

  • Les tensioactifs non ioniques (sans charge) moussent et lavent moins, mais ils sont peu irritants. On les associe souvent aux anioniques pour limiter l'effet irritant, ou on les utilise comme émulsifiants ou épaississants. Certains sont toutefois suspectés d'agir sur le système hormonal.

Il n'y a donc pas de bons ou de mauvais tensioactifs par nature : il y a des propriétés. L'important est de savoir à partir de quelles matières premières ils sont fabriqués. On évitera ce qui relève de la pétrochimie, pour privilégier les matières premières renouvelables d'origine végétale, issues de l'oléochimie : c'est-à-dire des huiles, et souvent l'huile de coco.

On pourrait dresser une liste des tensioactifs à éviter, mais elle serait très longue ! Pour aller plus loin, le site belge Écoconso propose d'excellents guides pour décrypter les étiquettes (www.ecoconso.be).

D'un naturel positif, je préfère me concentrer sur les « bons » tensioactifs, et dans cet article, sur nos chers et ancestraux savons.

Le savon de Marseille

Mais le vrai ! On lit souvent qu'il doit contenir 72 % d'huile d'olive : en réalité, ces 72 % désignent la proportion totale d'huiles végétales, et pas seulement d'olive. Le savon de Marseille authentique est fabriqué au chaudron, selon le procédé marseillais, à partir d'huiles végétales uniquement. Son appellation a longtemps été mal protégée : méfiez-vous des imitations et vérifiez la liste des ingrédients.

On retrouve la trace des premiers savonniers marseillais au Moyen Âge, et la recette viendrait du savon d'Alep, ramené d'Orient. Les Gaulois, eux, utilisaient un mélange de suif et de cendres qui servait, selon Pline l'Ancien, à teindre les cheveux en roux !

De nos jours, il n'est pas forcément composé d'huile d'olive. On en trouve des verts (huiles d'olive, de coprah et de palme) et des couleur crème (huiles de coprah et de palme, parfois d'arachide).

Avis aux curieux : le savon reste un produit basique (pH autour de 9 à 10), et non neutre. C'est d'ailleurs ce qui fait son efficacité contre le gras.

Le savon noir

Ancestral, il a l'odeur des belles maisons propres. Contrairement à son frère marseillais, fabriqué avec de la soude, il est obtenu par réaction entre de la potasse et une huile végétale. Cela lui donne sa consistance de savon mou.

Le mot potasse viendrait de l'allemand « Pottasche » ou de l'anglais « pot ashes », c'est-à-dire le pot à cendres. Une formule quasi archéologique du savon : de la cendre et de la graisse !

Je préfère le savon noir à l'huile d'olive, sous forme de pâte molle. Il en existe aussi des liquides, à base d'huile de lin par exemple, mais il faut bien vérifier leur composition.

Je m'en sers pour tout, du sol au plafond : il nettoie les vitres et dégraisse la hotte. C'est l'Ulysse du ménage vert, le produit aux mille astuces !

Un grand merci au site de Raffa, véritable bible du ménage naturel sur le web, qui m'a tant appris sur ces savons.

Article publié pour la première fois sur Ecosymaison, le blog où Naturel Factory est née, et mis à jour en 2026.

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